En préalable, je vous dirai que je sais bien que je ne serai pas élu. Mais ce la ne m'empêche pas de défendre publiquement les positions communistes de Lutte Ouvrière, et c'est à ce titre que je réponds aux questions que vous me posez. D'autant plus que je pense profondément que la solution aux problèmes que vous soulevez à juste titre est bien plus dans les mobilisations de masse que dans le cadre feutré et complice des Assemblées parlementaires.


François Laporte

candidat LO 1ere circonscription


   Madame, Monsieur,

                Attac Oise n'a pas la prétention de représenter tous les Isariens. Cependant, au sein de différents collectifs*, nous sommes porteurs d'exigences de démocratie et de transparence pour des milliers de citoyens de l'Oise. La crise du politique que nous traversons, est liée à notre avis, d'une part au décalage entre la parole publique et les décisions réellement prises par les élu.e.s, d'autre part au constat fait par un nombre croissant de personnes de l'aggravation de leurs conditions de vie et de travail.

* Collectif "pour un audit citoyen de la dette publique" - Collectif "Stop TAFTA et CETA" - Collectif pour une transition citoyenne - Collectif "Un million d'emploi pour le climat" ...
               
                C'est pourquoi, dans le cas où vous seriez élu.e à l'assemblée nationale, nous vous demandons de vous engager sur les sujets suivants :
           
                1°- Ne pas voter les ordonnances concernant la loi travail afin de ne pas laisser les salariés dépendre des seules négociations au niveau des accords d'entreprise ni de plafonner les indemnités en cas de licenciement abusif.


Les militants de Lutte Ouvrière, et donc moi-même, avons participé à toutes les manifestations contre le Loi Travail. Et nous avons bien l'intention de continuer dans cette voie, afin de contribuer à créer un rapport de force qui permette à la e ouvrière de ce pays de faire reculer le gouvernement actuel sur toutes les mesures qu'il s'apprête à ^prendre contre le monde du travail.
               

 2°- Ne pas ratifier le traité CETA dangereux pour l'agriculture, les services publics, la santé, la protection des consommateurs, l'environnement et le climat. Grâce au CETA, toute entreprise multinationale pourra se servir du tribunal arbitral de l'ICS* pour attaquer des dispositions légales ou réglementaires risquant d'entraver ou de restreindre ses bénéfices, demander un dédommagement astronomique ou obliger la France et n'importe qu'elle collectivité territoriale à défaire ces dispositions. A l'avenir, même si un gouvernement progressiste ne se laisse pas dissuader par cette menace, il pourra voir son projet bloqué par l'organe de coopération réglementaire du CETA.
                    

Le Ceta, présenté comme un accord favorable à tous, répond évidemment d'abord aux problèmes des groupes capitalistes. Pour eux, les frontières européennes et a fortiori nationales sont devenues bien trop étroites depuis longtemps, que ce soit pour placer leur capitaux et leurs marchandises ou pour s'approvisionner en matières premières.

Dans cette période de crise, de tels traités suscitent la méfiance d'une partie de la population, dans tous les pays européens et, dans ce cas, aussi au Canada. Ouvriers, agriculteurs, éleveurs craignent d'autant plus la concurrence venue d'autres pays que les gouvernants ne savent que leur dire que c'est à eux de s'adapter, quitte à fermer boutique ou à se retrouver au chômage. Cette méfiance est plus que compréhensible et il n'y a pas à prendre pour argent comptant les assurances des gouvernements et experts en tout genre qui viennent dire qu'il y a tout à gagner à ce traité.

Mais le vrai problème n'est pas le Ceta. Ce n'est pas non plus la libre concurrence en soi, mais le pouvoir des grands groupes capitalistes sur l'économie.

En France, des organisations comme le PCF ou le parti de Mélenchon, qui prétendent représenter le monde du travail, prennent comme cheval de bataille la lutte contre le Ceta, comme cela avait été le cas du Tafta, l'accord du même type discuté avec les États-Unis. Comme si tout le problème venait des États-Unis ou du Canada, en dédouanant du même coup les capitalistes européens. C'est encourager le nationalisme, handicap pour les luttes futures contre l'exploitation capitaliste et ce système économique.

À l'inverse des promoteurs de ces traités comme de ses opposants, les travailleurs ont à combattre ce système sans se focaliser sur des traités qui ne sont que des reflets des rapports de force entre les groupes capitalistes. 

                3°- Intervenir pour une réelle justice fiscale et donc contre les mécanismes d'évasion fiscale (notamment par une réelle taxation des transactions financières ainsi qu'une réelle séparation des banques de dépôt des banques spéculatives).
Dans un récent rapport, "Rendez l'argent" *, Attac démontrait qu'il était possible de récupérer 200 milliards d'euros par an.

 

La véritable justice fiscale serait de libérer les travailleurs de tout impôt, direct et indirect comme la TVA, et faire supporter l'impôt aux seuls véritables bénéficiaires de l'Etat : la bourgeoisie, la e des possédants. Mais pour cela, il faudra bien plus qu'une élection.

* https://france.attac.org/nos-publications/notes-et-rapports/article/rendez-l-argent

                4°- Intervenir contre le lobbying des grands groupes afin de changer les systèmes de productions et de consommations en particulier sur le plan alimentaire et énergétique. (cf. le site " un million d'emploi pour le climat "  http://emplois-climat.fr/menu-campagne/le-rapport/ )

                     Contre les grands groupes, nous revendiquons le droit pour les travailleurs et la population de contrôler les comptes des groupes capitalistes, nous sommes pour la levée  du secret commercial, du secret bancaire, du secret des affaires. C'est une condition indispensable à la fois pour la préservation des intérêts des travailleurs, et pour lutter efficacement contre l'irresponsabilité des grands groupes capitalistes  en matière de protection de la planète et de l'environnement

 

5°- Venir faire des points périodiques dans votre circonscription sur les différents textes législatifs en cours d'élaboration.

 

Nous irions même plus loin, : nous sommes favorables à la révocation de tout élu qui ne respecterait pas ses promesses électorales. Après tout, c'est ce que font les patrons mécontents de leurs salariés, et qui, dans le monde bourgeois, y trouve à redire ?