Samedi 8 décembre

Proposition aux gilets jaunes de l’Oise

 

La situation que nous connaissons aujourd'hui est le résultat des politiques conduites par le gouvernement, des réformes qu'il met en œuvre et qui génèrent toujours plus d'inégalités, de la morgue d'un président insultant et méprisant envers celles et ceux qui ne sont pas les premiers de cordée, du mépris total pour l'ensemble des salariés, des sans emploi, des organisations syndicales…

C’est d’abord cette violence qu’il faut dénoncer ainsi que la mise en scène par le gouvernement d’un climat de « guerre civile ». Cela ne correspond absolument pas à ce que nous vivons sur les barrages où règne un climat de sérieux, de responsabilité et de solidarité y compris avec les policiers ou gendarmes (dont un nombre important nous disent soutenir le mouvement !!!).

Nous avons obtenu une première victoire avec l’annonce officielle de l’abandon de la taxe carbone et des augmentations des carburants ainsi que du prix du gaz et de l’électricité au 1er janvier. Mais nous savons d’expérience que le gouvernement cherchera à récupérer cet argent sur notre dos s’il ne change pas de politique. D’une part en engageant une complète réforme de la fiscalité et d’autre part une réforme institutionnelle qui donne des moyens aux citoyens de participer réellement aux décisions.

Ces premiers reculs sont apparus au moment où nous avions le plus fort soutien de l’opinion publique et des premières violences lors de manifestations. Cela crée de la confusion dans les esprits. L’histoire nous enseigne que la violence s’est toujours retournée contre le peuple. C’est pourquoi nous appelons à agir avec non-violence.

L’histoire des luttes sociales nous apprend que ce n’est que pendant la mobilisation et le rapport de force que nous imposons que le pouvoir lâche sur nos revendications. Dans les discussions qui suivront au mieux nous ne pourrons qu’acter ce qui aura été concédé.

Nous employons le mot discussion et pas négociations car le gouvernement Macron n’a jusqu’à présent jamais négocié, cf. loi travail, cheminots, fonction publique, retraites.

Il faut donc que nous pesions solidairement avec les gilets jaunes, car le risque est, qu’en lâchant sur les taxes (donc des recettes fiscales) le gouvernement n’accentue sa volonté de diminuer les dépenses publiques (cf discours du 1er ministre).

 

Alors comment continuer.

En continuant à participer aux barrages car c’est bien cette forme inédite de mouvement social qui est à l’origine des premiers reculs du gouvernement. Cette autonomie à la base est un bien précieux. Mais le risque est l’atomisation du mouvement.

Les Gilets jaunes de Commercy (Meuse) proposent une issue politique au mouvement et c'est une bonne nouvelle à populariser : comités locaux autonomes, démocratie directe, assemblée générale souveraine, délégués avec mandat précis, révocables à tout moment, rotation des responsabilités. Ils appellent à la fédération des groupes locaux sur ces bases pour éviter la récupération politique, les leaders auto-proclamés,  ou les délégués sans mandat impératif de la base.

C’est dans cet esprit, qu’Attac Oise en accord avec la mairie de Clermont de l’Oise, propose aux gilets jaunes des différents barrages de l’Oise de se réunir dans une salle à Clermont (lieu central) pour décider des formes de la poursuite du mouvement.

oise@attac.org

 

Les gilets jaunes à Senlis

Senlis

Les gilets jaunes à Saint Just en Chaussée

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Les gilets jaunes à Beauvais Nord

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Les gilets jaunes à Beauvais Sud / Allone

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