Augmentation de la durée de cotisation, report de l'âge du départ à la retraite de 60 à 62 ans, et de l'âge de la liquidation de la retraite à taux plein de 65 ans à 67 ans...Les projets du gouvernement en matière de retraite, tout le monde en convient, pénaliseront encore plus les femmes.

A salaire inégal, retraite misérable. Seulement 44% des femmes valident une carrière complète contre 86% des hommes (pension de reversion et minimum vieillesse inclus). Les femmes touchent en moyenne une pension  de retraite de 1020 euros par mois contre 1636 euros pour les hommes, et la moitié des femmes ont une retraite inférieure à 900 euros par mois contre 20% des hommes.

La stratégie de Lisbonne, d'inspiration résolument néolibérale, et qui a contribuée à plonger l'europe dans la crise économique et financière, avait fixée un objectif de 60% de taux d'emplois des femmes dans l'Union Européenne en 2010, en terme d'emplois et de flexibilité. Objectif atteint ! mais à quel prix !

Les femmes occupent :

  • 82% des emplois à temps partiel (1 femme sur 3, contre 1 homme sur 20),
  • 60% des emplois en CDD,
  • 80% des emplois à bas salaire.

A travail égal, on offre un salaire d'environ moins 20% pour une employée et moins 30% pour une cadre. Depuis 1972, date de la première loi sur l'égalité professionnelle, rien n'a jamais été mis en oeuvre. 38 ans de belles et fausses promesses. La collusion entre le gouvernement et le Médef n'est plus à démontrer. Pourquoi le gouvernement mettrait-il en oeuvre une politique d'égalité salariale alors qu'il peut offrir au patronat une main d'oeuvre de plus en plus diplômée, qualifiée et à bas prix?

L'inégalité salariale entre les hommes et les femmes a aussi contribué au déficit de la sécurité sociale et des caisses de retraite. Des décennies de manque à gagner. Etablir l'égalité salariale reviendrait à augmenter les cotisations patronales et donc les recettes des caisses sociales.

Et que dire du partage de la valeur ajoutée ! Ce que les actionnaires ont pris aux travailleurs, ils l'ont pris doublement aux femmes.

La religion, le patriarcat et le capitalisme exercent des pressions insupportables sur les femmes. Le 26 août dernier, les organisations féministes ont commémoré la naissance du Mouvement de Libération de la Femme en demandant encore, 40 ans après, l'égalité des droits entre les femmes et les hommes.

Au sein du combat des travailleurs pour leurs légitimes revendications en matière de salaire, de conditions de travail, et de préservation de leurs acquis sociaux, il en est un qui a été oublié, c'est le combat pour la mise en action des droits des femmes et de l'égalité des salaires. Et le combat pour les retraites ne sera vraiment gagné que lorsque les femmes pourront prétendre aux mêmes droits que les hommes.

B.S.